De l’atelier au documentaire, l’interculturalité au cœur d’un projet collectif

Article – 16 septembre 2026
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À Toulouse, l’association Nord Loisirs a transformé un atelier consacré aux identités culturelles en projet documentaire. Mené avec des enfants de 6 à 11 ans et des adolescents du club multimédia, le projet a mobilisé plusieurs partenaires du quartier Arnaud-Bernard et permis de prolonger la réflexion sur les discriminations par une pratique artistique.

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Questionner les identités pour mieux comprendre l’autre

De septembre à décembre 2025, une douzaine d’enfants âgés de 6 à 11 ans ont participé, le mercredi après-midi, à un atelier consacré à l’interculturalité.

Implantée dans le quartier populaire d’Arnaud-Bernard, au cœur de Toulouse, l’association Nord Loisirs évolue dans un environnement marqué par une forte diversité culturelle, sociale et économique.

Un contexte qui a nourri les premières interrogations des enfants : qu’est-ce qu’une identité culturelle ? Qu’est-ce qui construit ma culture ? Qu’est-ce qui relève de mon histoire, de ma famille, de mon environnement ?

L’atelier a été coconstruit avec les enfants, à partir de leurs expériences et de leurs questionnements. Certains ont notamment connu la migration et des parcours familiaux différents. Les fêtes célébrées, les langues parlées ou encore les histoires familiales pouvaient ainsi varier d’un enfant à l’autre. « Le défi pour nous, éducateurs et éducatrices, c’était d’essayer de travailler ce sujet avec les enfants, voir ce que ça donne », explique Loïc Saqué, directeur de Nord Loisirs.

Cette démarche s’inscrit dans une orientation plus large du projet associatif : depuis plusieurs années, l’association travaille sur les discriminations auprès des jeunes, notamment dans son Centre de Loisirs Associé au Collège (CLAC) et lors d’interventions dans les classes de collèges.

Quand les enfants deviennent acteurs d’un documentaire

La réflexion a ensuite pris une nouvelle forme. À partir de janvier 2026, le club multimédia de l’association, destiné aux 11-14 ans, a proposé de mettre en valeur le travail mené par les plus jeunes à travers la réalisation d’un documentaire, baptisé « Le dilemme du Je ».

Les deux groupes ont alors été amenés à travailler ensemble. Les enfants ont participé à la préparation des entretiens, tandis que les adolescents ont investi les différentes étapes de la réalisation audiovisuelle : écriture du script, préparation des interviews, tournage puis montage. Certaines séances ont ainsi réuni les deux groupes autour des interviews.

Le projet a également permis de sortir des murs du centre de loisirs. Les jeunes sont allés à la rencontre d’autres habitants du quartier Arnaud-Bernard et des Chalets, enfants comme adultes, et ont découvert différents lieux de vie. Une manière de confronter les points de vue et de faire de l’interculturalité une expérience concrète, au-delà des activités proposées en salle.

De janvier à juin 2026, la réalisation du documentaire a ainsi prolongé l’atelier initial et donné aux enfants une raison supplémentaire de s’investir. Un engagement qui s’est révélé durable : le groupe constitué en septembre est resté mobilisé jusqu’à la fin de l’année scolaire. Pour Loïc Saqué, « cette fidélité est un indicateur particulièrement positif à cet âge, rendue possible par la diversité des formats et des expériences proposés ».

Le quartier comme terrain et comme partenaire

Le projet s’est également construit grâce aux ressources du territoire. Nord Loisirs a notamment travaillé avec le centre culturel Bellegarde, avec lequel l’association avait commencé à nouer des liens quelques mois auparavant.

La mise à disposition de sa salle informatique a permis aux jeunes de réaliser le montage du documentaire dans de bonnes conditions. Au-delà de cet appui matériel, cette première collaboration avait vocation à ouvrir la voie à d’autres projets communs.

Le partenariat avec le café associatif l’Escabel est, lui, plus ancien et plus étroit. Les adolescents fréquentent régulièrement ce lieu situé sur la place Arnaud-Bernard, où l’association avait déjà organisé des projections de courts-métrages réalisés par les jeunes.

Nord Loisirs siège également à son conseil d’administration. Depuis 2026, les enfants du centre de loisirs y animent une fois par mois des séances de jeux de société. Le documentaire s’inscrit donc dans une dynamique partenariale appelée à se poursuivre.

Le projet a par ailleurs bénéficié du soutien financier de la DILCRAH (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT), dans le cadre de l’appel à projets auquel Nord Loisirs répond chaque année. Un accompagnement qui s’inscrit dans un travail engagé de longue date par l’association autour de la lutte contre les discriminations.

Un documentaire qui ouvre de nouvelles perspectives

Le film a été présenté pour la première fois en juin 2026, lors de la fête de l’association, devant environ 70 personnes. Sa qualité a été saluée par le public et les familles, qui ont pu mesurer concrètement ce que leurs enfants avaient réalisé.

Au-delà de cette première diffusion, le documentaire constitue pour Nord Loisirs un véritable prolongement de son projet associatif. Il croise plusieurs de ses axes de travail : la lutte contre les discriminations, l’éducation à l’interculturalité, l’éducation artistique et la pratique de l’audiovisuel, mais aussi les passerelles entre les différents publics accueillis et l’ancrage dans le quartier.

Le projet pourrait d’ailleurs connaître une suite dès 2026. L’association bénéficie à nouveau d’un financement de la DILCRAH, cette fois autour de l’enfance et dans le cadre d’un Centre de Loisirs Associé à l’Ecole (CLAE).

Une partie des enfants ayant participé à l’atelier sur l’interculturalité y est accueillie : une occasion de prolonger le travail engagé et d’assurer une forme de continuité dans leur parcours.

Pour Nord Loisirs, l’expérience montre ainsi qu’un projet artistique peut être bien plus qu’une production finale. En partant des questionnements des enfants, en faisant dialoguer les âges et les compétences, et en s’appuyant sur les acteurs du territoire, le documentaire est devenu un outil éducatif, un support de valorisation et un point de départ pour de nouvelles collaborations.