Formation BPJEPS ASEC : au Portugal, l’animation se joue aussi sans les mots
Du 8 au 19 juin 2026, neuf stagiaires en formation BPJEPS ASEC des Francas des Pays de la Loire sont partis à Vila Nova de Famalicão, au Portugal, dans le cadre d’Erasmus+. Une mobilité professionnelle européenne qui les a confronté à un défi inédit : animer des enfants avec lesquels ils ne partageaient pas la même langue.

Animer quand les mots manquent
Pendant douze jours, les neuf futurs animateurs sont intervenus au sein du groupe scolaire Agrupamento de Escolas de Gondifelos, à Vila Nova de Famalicão, dans le nord du Portugal. Répartis en quatre équipes, ils ont animé des enfants de 2 à 5 ans en jardin d’enfants – l’école maternelle non obligatoire- et des élèves de 6 à 10 ans en école primaire.
Pour ces stagiaires du BPJEPS ASEC (Animation socio-éducative et culturelle), l’expérience constitue un véritable changement de terrain. Comment expliquer une consigne, lancer un jeu ou créer une dynamique de groupe lorsque les enfants et les animateurs ne parlent pas la même langue ?
« L’objectif était de se faire comprendre autrement par le jeu, le corps, le regard et de montrer qu’animer, c’est avant tout créer du lien. » raconte Remi Boulay, animateur à l’association départementale du Maine-et-Loire.
Le défi a obligé ainsi les futurs professionnels à s’appuyer sur d’autres formes de communication et à adapter leurs pratiques à un public qu’ils ne connaissent pas.
Une mobilité préparée comme un projet professionnel
L’expérience n’a pas commencé au Portugal. En amont du départ, les stagiaires ont construit leur mobilité au cours de leurs semaines de regroupement : organisation du quotidien, préparation des séquences d’animation, élaboration du planning, déplacements et découvertes culturelles. Une préparation destinée à donner à chacun une place active dans le projet.
La mobilité a également été accompagnée par deux professionnels. Arnaud Rexand, titulaire d’un DEJEPS et formateur BPJEPS aux Francas des Pays de la Loire depuis six ans, a assuré le suivi pédagogique. Jason Ballus, directeur de l’Espace Jeune du Plessis-Grammoire et titulaire d’un BPJEPS LTP, a quant à lui pu apporter son expérience de terrain. Ancien stagiaire BPJEPS LTP en 2022, il avait lui-même participé à une mobilité Erasmus+ à Berlin.
Au-delà de la découverte d’un autre pays, le séjour a donc constitué une étape de professionnalisation. Il a permis aux stagiaires de tester leurs techniques d’animation dans un environnement nouveau, de sortir de leur zone de confort linguistique et d’apprendre à ajuster leurs pratiques à un public différent.
Des pratiques à partager dans les deux sens
La mobilité repose aussi sur la rencontre interculturelle. Les stagiaires français sont arrivés avec leurs jeux, leurs savoir-faire et leurs références culturelles, qu’ils ont pu partager avec les enfants portugais. En retour, ils ont découvert d’autres façons de concevoir et de pratiquer l’animation.

Ces apprentissages ont pu ensuite être réinvestis dans leurs structures d’alternance. L’expérience Erasmus+ est devenue ainsi un espace d’expérimentation, mais aussi un moyen d’élargir sa conception du métier.
Car derrière le défi linguistique se dessine un enjeu plus large : montrer que l’animation ne repose pas uniquement sur la maîtrise des mots. Créer du lien, transmettre, faire jouer et susciter la joie peuvent aussi passer par le corps, le regard et l’expérience partagée. Une manière, pour ces futurs animateurs, d’éprouver concrètement que l’animation peut devenir un langage commun, même lorsqu’aucun mot ne l’est encore.