Quand l’éclipse devient un terrain d’éducation à l’astronomie
À l’occasion de l’éclipse solaire d’août 2026, plusieurs accueils de loisirs de l’Ain ont intégré l’astronomie à leurs activités. Dans le prolongement de stages Petite Ourse, les enfants ont préparé des temps d’observation et de transmission, parfois avec leurs familles. Un projet rendu possible par la formation des équipes et l’habilitation Petite Ourse délivrée par l’Association Française d’Astronomie (AFA).

De Petite Ourse à l’éclipse
Dans l’Ain, l’éclipse solaire d’août dernier a été l’occasion de prolonger des actions d’éducation à l’astronomie engagées dans plusieurs accueils de loisirs. À Chazey-sur-Ain, un premier stage Petite Ourse avait été organisé à l’été 2025. Quelques mois plus tard, lors de la préparation d’une veillée avec les enfants et leurs familles, l’éclipse à venir s’est naturellement invitée dans le programme.
Avec le soutien financier de la CAF de l’Ain, cette veillée a permis aux enfants de retrouver certaines notions abordées pendant le stage et de préparer un temps de sensibilisation autour de l’éclipse. Au programme : un stand d’information et des animations pour répondre à une question simple en apparence : Qu’est-ce qu’une éclipse ?
À Lagnieu, l’approche a été différente. En juin, à la demande de l’accueil jeunesse, une après-midi consacrée à l’astronomie a réuni des jeunes de 9 à 14 ans. Le groupe a exploré les relations entre la Terre, le Soleil et la Lune, avant de terminer par une observation du Soleil et de ses taches solaires à l’aide d’une lunette astronomique.
Ces deux actions s’inscrivent dans un dispositif plus large de découverte de l’astronomie : les stages Petite Ourse.
Apprendre à observer mais aussi à transmettre
Destiné aux enfants de 8 à 13 ans, le stage Petite Ourse se déroule, dans l’Ain, sur cinq demi-journées et deux veillées. Il combine connaissances et manipulation : reconnaître les constellations, comprendre ce qu’est une étoile, découvrir le système solaire, utiliser des jumelles ou une lunette astronomique, apprendre à observer le ciel à l’œil nu.
L’objectif ne consiste donc pas seulement à accumuler des connaissances. Les enfants expérimentent et acquièrent progressivement des repères pour devenir eux-mêmes observateurs du ciel. Les apprentissages sont associés à des critères d’évaluation précis : savoir distinguer une étoile d’un avion ou d’un satellite dans le ciel nocturne, ou encore identifier le Soleil comme une étoile et connaître les règles de sécurité indispensables à son observation.
Derrière les stages proposés aux enfants se joue également un enjeu de formation des adultes. Justine Haupert, chargée de pratiques éducatives aux Francas de l’Ain, dispose de l’agrément Petite Ourse qui lui permet d’animer ces stages. Elle bénéficie également d’une habilitation Petite Ourse qui permet de former des animateurs à leur tour afin qu’ils puissent, eux aussi, animer les stages Petite Ourse.
Cette habilitation a été mise en place avec l’Association française d’astronomie (AFA), qui a permis à plusieurs associations départementales de s’engager dans cette démarche. Enfin, pour compléter la pratique de l’astronomie, et dans le cadre du partenariat entre les deux réseaux, l’AFA a présenté aux équipes des Francas les possibilités liées à l’observation de l’éclipse et délivré l’habilitation « Montreur d’Éclipse ». Cette dernière permet de former n’importe qui à montrer les éclipses en toute sécurité et à animer autour du sujet.
L’enjeu est celui du déploiement : former des animateurs permet progressivement aux structures de devenir autonomes. À Chazey-sur-Ain, par exemple, deux membres de l’équipe éducative ont été formés à la pratique Petite Ourse. En 2026, le centre a ainsi pu organiser lui-même un nouveau stage, à la demande notamment d’enfants qui n’avaient pas pu participer à celui de l’année précédente.
Des enfants aux familles
À l’été 2026, un nouveau stage Petite Ourse a été organisé avec le Château des Échelles, à Ambérieu-en-Bugey. L’une des deux veillées a été consacrée à l’observation de l’éclipse et ouverte aux familles des enfants participants. Des habitants du secteur ont également rejoint le groupe.
Cette ouverture aux parents constitue un prolongement important du stage. Dans la période qui précède la veillée, les enfants participent à sa préparation : ils choisissent ce qu’ils souhaitent présenter, conçoivent des jeux et mettent en forme ce qu’ils ont appris. À Ambérieu-en-Bugey, ils ont notamment réalisé une grande fresque représentant les planètes et un jeu de Memory consacré au système solaire.
La veillée devient ainsi un temps où les enfants transmettent à leur tour. Ils peuvent montrer aux adultes ce qu’ils ont découvert et expérimenté pendant la semaine. Pour les équipes des accueils de loisirs, ces rendez-vous constituent aussi un autre espace de rencontre avec les familles, en dehors des temps habituels d’arrivée et de départ. Ils peuvent prendre la forme d’un pique-nique ou d’un temps convivial partagé avec les habitants.
Pour Justine Haupert, c’est aussi l’un des effets les plus visibles des stages : certains enfants continuent à regarder le ciel après l’activité, cherchent à reconnaître des constellations et posent de nouvelles questions. L’astronomie devient alors moins une activité ponctuelle qu’une manière de prolonger la curiosité scientifique au quotidien.
Former pour essaimer
Dans l’Ain, le développement de Petite Ourse se heurte toutefois à une difficulté très concrète : le financement. Un stage représente cinq demi-journées et deux veillées, soit une semaine d’intervention pour une structure qui doit pouvoir en intégrer le coût dans son budget. Lorsque les moyens des accueils de loisirs se réduisent, le recours à une intervenante extérieure peut passer après d’autres priorités.
La formation des équipes constitue dès lors un autre levier de développement. Une fois les animateurs formés et les compétences acquises, les structures peuvent organiser elles-mêmes les stages. L’enjeu n’est plus seulement de proposer une activité autour de l’astronomie, mais de faire progressivement circuler les compétences au sein des équipes éducatives.
L’éclipse d’août 2026 aura ainsi servi de fil conducteur à plusieurs actions dans l’Ain : découverte scientifique, observation du ciel, formation des animateurs et transmission entre générations. Un événement ponctuel qui a surtout permis de prolonger une pratique éducative inscrite dans la durée.